Comment redonner espoir à moins de trois mois d'une élection présidentielle que tout le monde annonce perdue, même dans son propre camp ? Comment refixer un cap pertinent alors qu'aux yeux des Français vous n'avez cessé d'en changer depuis cinq ans ? Comment apparaître crédible quand votre action est décriée et que le rejet est unanime ?
Hier soir, le chef de l'Etat n'avait qu'un objectif en tête : reprendre la main, faire oublier la semaine exceptionnelle de François Hollande, et surtout réinstaller le doute chez les électeurs qui l'ont pourtant, sondage après sondage, écarté du scénario du 6 mai 2012. Bref, il jouait gros. Alors, Sarkozy a fait du Sarkozy : du bon, du lourd et de l'offensif. Leçon numéro 1 : président un peu, candidat surtout, il a dénoncé la démagogie, la folie, les « rêves à bon marché », l'absence de courage et « l'arrogance déplacée » de ses principaux concurrents sans les citer cependant. Leçon numéro 2 : de droite légèrement, socialiste sérieusement, rien à voir avec le Front national clairement, il a fait de la finance sa cible, des ouvriers son leitmotiv, du logement, de la jeunesse, de l'emploi et de la relocalisation ses priorités.
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